Les manifestations d’étonnement des internautes ont suscité des réponses de la part des militants environnementalistes, du genre : mais si, nous n’arrêtons pas d’échanger par mail, nous avons tous des sites, la préparation du "grenelle" s’est faite sur Internet.
Ces réponses, pleines de bonne volonté, étaient significatives. Elles montraient que, bien qu’usagers d’Internet, ces militants n’avaient rien compris à ce qui était en train de se jouer. En effet, ils interprêtaient la situation depuis leurs organisations : un militantisme classique, associatif ou politique, utilisant Internet pour se faire connaître ou pour débattre.
Or, et c’est encore plus le cas avec le web 2.0, Internet est le support de prise de conscience directe, court circuitant les organisations anciennes.
La démonstration en a été faite lors du référendum sur le projet de constitution européenne où, bien que toute la classe politique ait recommandé de voter "oui", les délibérations sur Internet, portant sur le contenu du texte proposé, ont abouti à un vote négatif. Ce n’était pas un refus de l’Europe, mais un rejet du texte, qui n’était pas du niveau constitutionnel, et un renvoi des experts dans leurs buts, pour qu’ils refassent leur travail proprement.
Transposé à l’environnement, celà signifie que le web devient un lieu de prise de conscience critique, par dessus les intermédiaires accrédités, lesquels s’estiment néanmoins toujours légitimes.
C’est cette incompréhension des experts et des militants qui a poussé les organisateurs d’Autrans, où les passionnés de l’Internet se réunissent chaque année, à consacrer le "grand débat" de 2008 à l’oubli de l’Internet par le "grenelle de l’environnement". On en trouvera la trace dans la "déclaration d’Autrans" disponible sur le Wiki


